A l’initiative de l’Association pour l’Histoire de la protection judiciaire des mineurs (AH-PJM), le centre d’exposition "Enfants en justice. XIXes-XXes" a été inauguré en décembre 2001.
Cet espace a été conçu pour "permettre à ceux qui vivent ou sont appelés à vivre dans ces établissements
et services de s’approprier et de mieux comprendre leur histoire en faisant la part des héritages
et des nouveautés, mais aussi pour interpeller ceux qui n’y sont jamais venus,
bousculer les images toutes faites et redonner à cette histoire toute sa place."
L’idée qui a prévalu a été d’installer le centre d’exposition dans un lieu chargé d’histoire.
Le plateau de la Ferme de Champagne à Savigny-sur-Orge appartient à la PJJ depuis septembre 1945,
et n’a cessé d’accueillir des jeunes depuis cette date. De 1945 à 1972, cet établissement
est un centre d’observation publique de l’Éducation surveillée (COPES). Le pavillon d’accueil
est la partie du centre qui conserve la trace la plus vivante de cette expérience.
C’est dans ces murs fortement habités par leurs derniers pensionnaires qu’il a été décidé de créer le musée.
Un couloir, 14 chambrettes (aux airs de cellules), un système de fermeture de portes centralisé, voici
le décor de l’exposition permanente « Enfants en justice ». Dans ce cadre à l’architecture marquée,
les concepteurs du musée (Mathias Gardet et Jean-Pierre Baudu) ont décliné différents thèmes allant du jugement à la condamnation en passant
par l’évasion ou la rédemption. Chaque cellule aborde ces sujets grâce à de nombreuses archives, documents,
objets, iconographies, vidéo. Un parcours qui permet non seulement de mieux connaître le passé
des colonies agricoles pénitentiaires et autres maisons de correction, mais qui nous plonge aussi
dans le quotidien des enfants placés. La grande originalité de la scénographie étant de nous
faire évoluer à l’endroit même où les adolescents vivaient ; ils sont là tout proches, à travers
leurs effets personnels (confisqués à leur arrivée et retrouvés, pour certains, trente ans après
dans le grenier), leurs graffitis, leurs poèmes, leurs dessins, leurs rédactions…
Tous ces documents sont les pièces maîtresses de l’exposition, ils permettent de retracer
de manière sensible la douloureuse et complexe histoire des institutions pour mineurs de justice.
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La ferme en Champagne
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